Château-Chinon

Château-Chinon a beau être la capitale du Haut-Morvan, c’est une petite sous-préfecture d’un peu plus de 2000 habitants (ce qui en fait l’une des moins peuplées de France) malgré tout assez déshéritée. Oh, bien sûr, nous la vîmes un pluvieux dimanche 23 décembre, et quelle ville de France de 2000 habitants peut s’enorgueillir d’arborer une joie de vivre à toute épreuve et à la vue des touristes égarés, un dimanche gris d’hiver ? Peu, et malheureusement pas Château-Chinon.

Mais… qu’on y regarde de plus près. On y trouve l’hôtel du Vieux Morvan, site historique ; un musée du Septennat, un musée des arts et traditions populaires du Morvan que nous n’avons pas pris le temps de visiter. L’hôtel de ville est maintenant sis dans l’ancien palais de justice, mignonnet avec ses quatre colonnes et sa façade de poche. Retournez-vous et admirez la fontaine de Tinguely-Saint Phalle, modèle réduit de celle qui se trouve à côté du Centre Pompidou parisien, tentative colorée d’égayer la poste hideuse (des années 1980) aux pieds de laquelle elle est placée. Nous nous sommes écartés de l’hypercentre, revenons dans ses deux ou trois rues un moment. Plusieurs locaux commerciaux sont délaissés, mais quelques belles maisons essaient de donner le change, dont celles de la Caisse d’épargne et de la sous-préfecture, édifices fin XIXe typiques. La sous-préfecture, objet de notre arrêt dans la commune, occupe à elle seule un îlot trapézoïdal. Le bâtiment s’impose fièrement en grosse bâtisse bourgeoiso-administrative, avec ses pierres de taille blanchies à la chaux soulignant les fenêtres et arêtes des murs extérieurs, son mur élevé entourant la cour devant l’entrée, son portail décoré de part et d’autre de nombreux petits drapeaux français, prévenant le visiteur qu’il entre dans un haut lieu de l’État.

Alors, on trouve encore à redire ? Devant le bistro où l’on s’est arrêté boire un demi, l’un des trois ouverts ce jour-là dans la rue principale de la ville, Claudine [le prénom a été modifié afin de préserver l’anonymat, ndlr] arrangeait une jardinière. Elle nous a gentiment annoncé qu’elle pouvait nous servir, malgré l’absence évidente de clients et de lumière dans son établissement. Pourtant, je ne comprends pas, à cette heure-ci des gens viennent prendre l’apéro, nous a-t-elle rassurés de son accent nivernais chaloupé. Nous restâmes seuls une bonne demi-heure avant de repartir sous le crachin morvandiau, souhaitant à notre hôte de bonnes fêtes et réciproquement. Claudine, vos géraniums et Château-Chinon retrouveront un peu de sève au printemps ! Si l’auteur l’avait vue en cette saison, il aurait peut-être critiqué moins vertement cette grosse bourgade perdue dans les forêts.

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